Nous avons protesté en début d’année contre la
LA SUPERCHERIE DE MARSEILLE CAPITALE EUROPEENNE DU SPORT
et de sa manif originelle.
Notre communiqué a été repris par France Bleue, France 3, la Provence, Go met (voir ci-desssous)… Même si peu de voix dissonnantes se sont exprimées dans le champ politique par rapport à cette dérive de politique spectacle cachant la misère de nos équipements collectifs, nombreux sont les marseillais qui partagent notre constat.

http://www.laprovence.com/…/mp-2017-une-question-dimage.html

La majorité municipale, à bout de souffle en terme de projet de transformation de notre cité pour répondre aux fractures sociales et territoriales, à l’urgence écologique et démocratique, se livre à une chasse effrénée aux labels (après la culture, voici le sport et bientôt le tourisme) sans penser aux effets structurants de politiques publiques dignes de ce nom et émancipées des logiques clientélaires et « bling-bling ».

Aujourd’hui, est inaugurée la capitale européenne du sport avec ce we un show (le Red Bull Crashed Ice) à plus de 450 000 euros (financé par la Ville, la Région et la Métropole) placé sous le patronage d’une grande marque commerciale de boisson énergisante.

Après le projet de rénovation et de couverture du Vélodrome qui aura coûté 273ME pour le contribuable marseillais, voici avec cette année capitale une nouvelle dépense inutile dans une ville où l’état des équipements collectifs (sportifs et culturels) est pitoyable.
Marseille est en queue de peloton pour son nombre d’équipement sportif pour 1000 habitants avec 1,6 équipement pour 1000 habitants loin derrière Montpellier (3,5), Toulouse (2,9) ou Nantes (2,7).
Encore plus grave, Marseille est lanterne rouge en terme de ratio équipements/km2 avec 5,5 équipements au km2, loin derrière Paris (25,5), Lyon (18,7) ou Montpellier (15,9).

Certes la ville comprend environ un millier d’équipements sportifs sur l’ensemble de son territoire dont un quart de boulodromes (225) –à quand Marseille, capitale européenne de la Boule ?- mais seulement 14 piscines (contre 69 à Paris).

De plus, ces équipements sont souvent fermés (l’été notamment et pendant les vacances). Le seul bassin olympique public (celui de Luminy) a fermé depuis des années. Les gymnases –dans le Nord de la ville surtout- sont parfois dans un état insalubre (Gibraltar) et sont de temps à autre dangereux (Artaud).

Pourtant notre ville est sportive ; il y a 220.000 pratiquants, 150 000 licenciés, 1.500 clubs toutes disciplines confondues.

Marseille dispose d’un budget de 70ME pour le sport et la jeunesse mais cette manne est utilisée dans une logique de saupoudrage, d’arrosage clientélaire, sans vision globale sur les besoins d’infrastructures utiles pour le maximum de marseillais.

Le soutien au sport amateur est par ailleurs délaissé ou dérisoire (ex Consolat).

Plutôt que de se livrer à ces grandes manifestations (qui attirent certes du monde mais participent au délitement quotidien du lien social dans une ville en état d’urgence sociale, environnementale et démocratique), la municipalité devrait améliorer déjà l’existant (les équipements et leur gestion sous l’emprise trop souvent du pouvoir d’inertie de FO) et profiter de ses atouts naturels en développant l’accès à la mer et les activités nautiques de sa jeunesse ; les loisirs de plein air aussi avec l’accès à ces espaces naturels d’exception que sont les Calanques (premier parc national péri-urbain d’Europe). Il faut rappeler aussi l’inconséquence des autorités locales en matière de développement des modalités douces de circulation (quid des pistes cyclables ?).

Pour que notre ville soit sportive, il serait bien de la rendre respirable au préalable.

Notre collectif déplore le côté « politique-spectacle » de cette manifestation qui ne masquera jamais l’état désastreux de notre ville en terme d’équipements collectifs et la mal-gouvernance de nos dirigeants.

L’image contient peut-être : pont et nuit

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